Après une petite vingtaine d’années de combat et de conscientisation, des mouvements écologistes ouvrent une voie plus universelle dans un Liban déchiré par le communautarisme.
Un des « cèdres de Dieu » sur les hauteurs de Bécharre
Prendre de la hauteur. S’extirper de la ville livrée aux klaxons et aux embouteillages. Rompre aussi le charme de cette cité envoûtante où la soif de construire et les frasques nocturnes de Hamra ou de Gemayzeh ne parviennent toujours pas à effacer les traces guerrières, ni, plus heureux c’est vrai, les survivances orientales. Quelques kilomètres dans un taxi en sursis vers les escarpements calcaires dominant la capitale, et la forêt préservée de Baabda me tend les bras. Comme une offrande ! Une sorte d’hérésie aussi, dans ce paysage côtier atteint de bétonite aigue. Baabda : dix hectares, riches d’une vingtaine d’essences, de centaines de fleurs sauvages, de 189 espèces d’oiseaux. L’immobilier menace. Mais TERRE Liban qui gère ce poumon vert urbain résiste. Aux incendies plus ou moins volontaires, à la cueillette sauvage, en misant sur l’éducation et l’écotourisme.
La récente crise des déchets à Saïda a fait l'effet d'une onde d'électrochoc auprès des municipalités des environs de la ville. Conscientes qu'il leur sera difficile d'accepter les conditions de l'usine, trop chères pour elles, et encore plus difficile de régler un problème d'ordures devenu envahissant, elles se tournent vers des solutions longtemps prônées par les écologistes : trier les déchets dans les maisons, instaurer un système de collecte approprié, vendre des produits au recyclage, composter les matières organiques, jeter le peu de matières inertes qui restent dans une décharge.
Le premier à avoir été conquis par cette idée est Yasser Samia, président de la municipalité de Aïn Delb à l'est de Saïda. « Le conseil municipal est enthousiaste, les habitants que nous avons interrogés sont prêts à tenter l'aventure, dit-il. Nous allons mettre à contribution notre club de jeunesse et des ONG locales. »